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Entre déambulation et déclic, une rencontre avec Marie B !

Portrait de comédienne Marie B par Nadia Rabhi
Architecture brute rue Sorbier et portrait de comédienne
Création d'un portrait de comédienne avec Marie Béatrice Dardenne

Si vous suivez mes publications sur Instagram ces derniers temps, vous avez probablement vu défiler une silhouette, un regard ou un visage. En effet, il s’agit d’une déambulation menée à l’instinct à travers les volumes de Print. Ce tiers-lieu éphémère aujourd’hui fermé s’était niché dans l’ancien immeuble Orange de la rue Sorbier. C’est précisément ici qu’est né ce projet pensé comme un portrait de comédienne immersif.

Cette semaine, la dernière ligne de trois images viendra clore ce chapitre visuel. Cependant, avant que le rideau numérique ne tombe, j’avais envie de vous raconter la genèse de cette série. Elle se situe quelque part entre l’image-icône, le faux documentaire et un shot de réel modifié. C’est une collaboration riche en trouvailles narratives à découvrir également dans mon portfolio de portraits.

L’architecture de la rue Sorbier comme décor « inter-agissant » avec Marie B.

Entre la déambulation et le déclic, il y a eu la rencontre de deux énergies pour attraper des images libres de tout carcan, n’en déplaisent aux experts de salon 😉
Pour cette session, le terrain de jeu était monumental. L’architecture brute de l’ancien bâtiment Orange offrait une géométrie remarquable, parfaite pour se trouver entre corps en tension et lâcher-prise. Ainsi avec « Marie B » alias Marie Béatrice Dardenne, nous avons joué avec le lieu de manière totalement spontanée.

Ces clichés se révèlent vivifiants, parfois drôles ou chargés de gravité. La beauté de la comédienne peut parfois être encombrante pour elle ; par contre, pour une photographe, c’est un pur régal ! Et je me suis régalée 😉

Penser en flux : la narration en bandes de 3 et multi-écrans sur Instagram

Pour traduire au mieux cette énergie du mouvement, j’ai utilisé un système de narration en trois posts, deux fixes et un en vidéo, une de mes techniques courantes en événementiel que j’ai adaptée ici au portrait. Cela permet d’introduire un rythme musical tout en glissant quelques clins d’œil humoristiques.

Cette méthode transforme le traditionnel « défilement » des réseaux sociaux en une expérience multi-écrans : la vidéo donne le rythme et le son, tandis que les images figent l’intensité d’un dixième de seconde. Ensemble, elles se répondent pour fabriquer une autre manière de raconter une histoire. Ce n’est plus une simple succession de photos, mais une véritable installation visuelle fragmentée.

À travers cette démarche, j’essaie de « réinventer » la narration autour du portrait. Loin du book institutionnel ou de la pose figée, le portrait de Marie B devient une matière vivante, une performance partagée. Mon ambition reste d’extraire de ce mouvement perpétuel des images iconiques, des fulgurances graphiques qui se détachent du flux pour exister par elles-mêmes.

 

Quand la complicité crée l’icône : de la rencontre au tirage d’art

En confrontant le jeu de Marie B, en tension et suspendues entre l’humain et l’espace, nous avons fait naître des images universelles, théâtrales et graphiques. Ce qui en fait, à mes yeux, pour certaines des œuvres autonomes, taillées pour l’édition ou le tirage d’art, work in progress 😉

Pour prolonger cette narration et lui donner un autre relief, j’ai voulu accompagner ces visuels de textes volontairement décalés. C’est une manière de bousculer les codes classiques du portfolio, mais aussi de raconter, en creux, toute l’absurdité du monde qui nous entoure.

« Les informations défilent en continu, les catastrophes aussi. Parfois, le monde ressemble à une immense mise en scène dans laquelle tout le monde semble improviser sans se l’avouer. Dans cette comédie étrange, l’absurde n’est pas l’exception. C’est la règle. Clic Clac. Et vive Cosmos 99. »

« On apprend très tôt à jouer le jeu, à sourire quand il faut et à répondre correctement. Faire semblant de comprendre fait aussi partie du décor. Pourtant, un jour, au milieu de la scène, quelque chose déraille… »

Et c’est alors que l’action photographique commence ! 🙂

Un clin d’œil tout particulier : Je tiens à remercier chaleureusement Marie B. d’avoir si gentiment prêté son minois pour jouer à la photographe avec mon tout premier Polaroid. Cet instantané précieux et symbolique est venu encadrer mon entrée officielle chez Bridgeman Images.

Portrait de Marie B par Nadia Rabhi 01
Portrait de Marie B par Nadia Rabhi 02
Portrait de Marie B par Nadia Rabhi 03

De la déambulation au théâtre : Les « 7 minutes » de Marie B.

Cette quête d’images « en tension » et chargées d’humanité trouve aujourd’hui un écho brûlant. En effet, Marie B. a quitté le décor fixe de la rue Sorbier pour habiter les planches du magnifique Théâtre de l’Épée de Bois, à la Cartoucherie de Vincennes.

Elle y joue actuellement dans une pièce percutante de Stefano Massini : « 7 minutes (Comité d’usine) ».

Sur scène, pas de faux documentaire, mais une fiction qui cogne le réel : une troupe de onze femmes, onze ouvrières face à un dilemme terrible imposé par la direction. On leur demande de renoncer à seulement 7 minutes de leur temps de pause. Derrière cette concession apparente se joue une lutte féroce sur la dignité, le travail, le collectif et ce que l’on accepte de céder ou de transmettre.

Il existe ainsi un fil invisible mais évident entre les portraits que j’ai capturés chez Print et l’énergie que les comédiennes déploient sur scène. On y retrouve cette urgence de créer malgré tout, et cette force des femmes qui refusent de simplement « jouer le jeu ».

Ne manquez pas le bouquet final :

Je vous invite chaleureusement à faire le voyage avec nous, de l’image fixe au spectacle vivant :

  • Découvrez mon fil Instagram : Vous y trouverez la toute dernière ligne de 3 photos qui clôture cette superbe session de déambulation.
  • Réservez au Théâtre de l’Épée de Bois : C’est l’occasion idéale d’aller soutenir Marie B. et toute la troupe sur les planches.